Ellora Kailasha temple

Ajanta et Ellora: monolithiquement vôtre

Après notre escapade urbaine à Mumbai, on a pris un « petit » train de 6h, en 1ère classe tout confort avec une tablette et tout, repas inclus, pour arriver vers 20h à Aurangabad. Aurangabad en soi n’a rien d’exceptionnel, mais c’est la base principale pour visiter les mythiques temples d’Ellora et Ajanta, situés respectivement à 26 km et 107 km. Et là… on a pris une bonne claque!

Ellora
Ajanta
Où dormir et manger à Aurangabad?
Et voilà, l’Inde du Sud c’est fini

Ellora

On était essentiellement venus dans le coin pour voir Ellora (entrée à 500 roupies, appareil photo gratuit), où se situe la plus grande structure monolithique du monde! Oui, bon, ça ne vous parle pas, mais ça veut dire que c’est une structure taillée dans la pierre en un seul bloc! C’est dur de s’imaginer, dit comme ça, mais c’est complètement dingue! Le site, comme l’ensemble d’Ajanta, est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Le site est composé d’un grand ensemble de temples, construits à flanc de colline, creusés dans la roche, souvent dans des grottes, et parfois la roche a été complètement taillée pour faire émerger un temple plus classique, mais systématiquement monolithique.

Pour arriver sur le site, vous pouvez prendre la navette qui part toutes les 30 min de la Bus Stand d’Aurangabad. Vous pouvez aussi prendre un rickshaw ou un chauffeur, un peu plus cher, mais indispensable si vous voulez passer par le fort de Daulatabad. Nous, on a partagé un chauffeur avec un très gentil couple de français rencontrés à notre hôtel, Andrée et Sylvain, qui nous a coûté 1 200 roupies pour la journée entière.

Le site d’Ellora est très grand, donc prévoyez bien 4h si vous souhaitez visiter l’ensemble. Nous, fidèles à notre réputation, on y est restés près de 6h! On vous a dit que c’était incroyable… On commence par visiter les temples bouddhistes à droite, les plus anciens du site, la visite se faisant chronologiquement. Les premiers temples sont de « simples » essais pour voir si la roche s’y prête bien. Au fur et à mesure, les temples se font de plus en plus détaillés et grandioses.

Puis, on arrive sur les temples hindous, et notamment le plus connu d’Ellora, le temple de Kailasha. C’est lui qui détient ce record impressionant de plus grande structure monolithique du monde, mesurant 90 m x 55 m au sol et 33m de hauteur, taillé entièrement dans la même roche, tout en étant richement orné de sculptures et bas-reliefs. A l’extérieur comme à l’intérieur, s’il vous plaît. En prenant un petit chemin un peu à droite du temple, vous pouvez monter derrière la structure. C’est là que l’on se rend vraiment compte de l’immensité de ce temple! Bref, Stéphanie a coutume de dire que c’est « le truc le plus incroyable qu’elle ait jamais vu! » (ici Stéphanie: comme c’est Manu qui a écrit et que là je relis, je confirme: c’est le truc le plus incroyable que j’ai jamais vu!).

Après, c’est bondé, bon nombre de touristes indiens viennent à Ellora uniquement pour visiter ce temple (un peu le syndrome Petra). Si vous voulez en profiter sans personne, et sans vous faire « agresser » par des séances selfies, allez-y le matin et commencez peut-être par ce temple.

Au risque de vous ennuyer pour les grottes suivantes, du coup… à vous de voir. Petit apparté: c’est la première fois qu’on emploie un verbe négatif concernant les séances selfies avec les indiens croisés dans la rue ou sur les sites touristiques, mais à Ellora, on s’est sentis particulièrement acculés. Bien souvent on ne nous demandait pas notre avis, on faisait la pose devant nous et hop la photo était prise, ou on nous coinçait contre une paroi. Bref, si d’habitude on le fait avec plaisir, cette fois c’était vraiment too much.

Une fois vu le clou du spectacle, en avançant dans l’histoire, vous arriverez aux temples Jains. Ces derniers temples sont un peu à l’écart du reste du site. Vous pouvez y aller à pied, ou alors attendre la petite navette qui part régulièrement de l’entrée principale. Si après la première trentaine de temples creusés et de grottes, vous n’êtes pas encore trop lassés, ces derniers valent encore la peine, 2 d’entre eux étant assez grands et ornés. Et surtout, dans ces grottes il n’y a personne: on peut facilement imaginer y tourner un film d’aventures…

Sur le chemin du retour d’Ellora, si vous prenez un chauffeur ou un tuktuk (ou que vous êtes motorisés bien sûr), vous pouvez passer par plusieurs sites qui font partie du « circuit classique ». Tout d’abord, Khultabad, un petit village où se trouve notamment le mausolée d’Aurangzeb, le dernier grand empereur Mughal. Le sien est, à sa demande, très simple. A côté, il y a le tombeau nettement plus luxueux d’un grand homme de l’époque, dont on a oublié le rôle dans l’histoire (on croit se souvenir que c’était le professeur du dit dernier grand Empereur mais on n’est plus trop sûrs…). Franchement dispensable, si vous y allez, vous serez sans doute « guidés » par un jeune homme aveugle, à l’anglais peu compréhensible. Donation à la mosquée plus ou moins obligatoire.

Si vous n’allez pas dans le nord de l’Inde et que vous ne passez pas par Agra, vous pouvez passer au Petit Taj, plus ou moins une copie du Taj Mahal d’Agra. On n’a pas eu le temps de le visiter parce qu’on a pris trop de temps à Ellora (ce qu’on ne regrette pas), de même pour le Panchakki, un très vieux moulin à eau 🙂

Et enfin, et là ça vaut la peine d’y aller (enfin d’après Manu; Stéphanie n’avait pas trop envie de monter, mais a quand même suivi son chéri. En râlant beaucoup et très fort avec menaces en supplément), le fort de Daulatabad. Le fort est construit en haut d’une grande colline qui trône sur une large plaine. On y est arrivés juste à temps pour le coucher du soleil, donc si on voulait le voir depuis tout là-haut, il fallait presser le pas! On est alors montés assez rapidement au travers du fort et de la colline. En gros on a mis 30 mn là où normalement on met 1h30 en prenant son temps: vous comprenez mieux pourquoi Stéphanie râlait? Et ce qui est particulièrement intéressant, c’est que le fort a été construit tout autour d’une colline assez pointue, et certaines sections vers le haut sont creusées au travers de la montagne. Ça donne un peu la sensation de passer dans un donjon, odeur de guano comprise (Batman a encore frappé, décidemment…)! La vue de là-haut est panoramique, sur un beau paysage de plaine ainsi que du fort en contrebas. Le jour où on y est allés, le ciel était un peu gris, mais par beau temps, ça doit être très beau.

Ajanta

Après Ellora, on a continué avec l’autre site connu de la région, Ajanta. Là aussi, il s’agit de grottes creusées dans la falaise. Par contre, ici ce sont uniquement des grottes, les temples sont uniquement bouddhistes et le site est particulièrement important pour le patrimoine mondial (et oui, il est aussi classé à l’UNESCO) grâce à la profusion de fresques peintes des Vème et VIème siècles, rarement aussi bien préservées. Celles-ci narrent les différentes vies de Bouddha, et dans les grottes les mieux préservées, on imagine la profusion de couleurs et de dessins qui tapissaient les murs et les colonnes. Bref, c’est très différent d’Ellora et ça vaut le coup! D’autant plus que le site en lui-même est superbe… les grottes se situent à flanc de falaise, elle-même creusée par un bras de rivière. Comme c’est irrigué, la végétation pousse: assez unique!

Cette fois-ci, nous y sommes allés en bus public, pour 240 roupies par personne l’aller. A l’aller on était assis tout du long pendant les 3h30-4h de trajet. Dites bien au contrôleur que vous allez à Ajanta (il s’en doutera dans tous les cas). Si vous choisissez le bus, pour information, si on a été assis tout du long dans le bus à l’aller, au retour on a été debouts pendant presque tout le trajet, et 3h debout dans un bus indien, c’est un peu usant :-). Enfin, on peut quand même vous l’avouer: c’est le bus le plus chaotique qu’on a pris en Inde, même assis on a jamais autant sauté de notre siège, on avait le dos en compote… A l’arrivée, on sort au bord de la route, avec un croisement T. Prenez la route perpendiculaire et suivez les panneaux vers la gauche qui vous mèneront à une navette (16 roupies par personne), qui vous mènera au site lui-même. C’est à l’arrivée que l’on paie son billet (500 roupies par personne aussi…). Avant ça, vous passez par une accumulation de boutiques attrape-touristes bien organisées: filez droit. Au retour on a déjeuné là parce qu’on mourrait de faim mais c’était vraiment pas terrible.

Pour l’entrée: il y avait foule, parce qu’on est arrivés sur place un peu tard… alors on a décidé de faire la visite à l’envers. On a traversé la rivière sur la gauche, allant jusqu’au bout du petit canyon et retraversant la rivière à la fin des grottes. En même temps, commencer à l’envers permet de garder le meilleur pour la fin, la grotte numéro 2 étant la plus belle, et les grottes ne sont pas dans l’ordre chronologique comme à Ellora.

L’ensemble des 30 temples d’Ajanta est creusé sur le bord extérieur dans un petit canyon en U. En effet, les changements de direction de rivières sont de bonne augure, à la fois dans le bouddhisme et l’hindouisme. D’ailleurs, pour la petite anecdote, Varanasi est sacrée car elle se situe sur une portion du Gange qui circule du Sud au Nord et non l’inverse. Mais ça, on vous en parle plus tard!

Petit détail lorsque vous vous baladez à Ajanta, attention à vos affaires, car le site est infesté de langurs beaucoup moins pacifiques que d’habitude!

Comme à Ellora, les temples ne sont pas tous intéressants, mais comme on doit de toute façon passer devant chaque temple, on voit vite où l’on veut rentrer ou non. Ce qui nous a le plus plu, c’est bien sûr les peintures murales, certaines encore très bien préservées ou restaurées. Mais nous avons aussi beaucoup aimé certaines des grottes, creusées en forme de cathédrale: saisissant!

Où dormir et manger à Aurangabad?

Nous avons dormi à l’hôtel Panchavati, le meilleur rapport qualité-prix d’après Le Routard. La chambre nous a coûté 1 100 roupies par nuit. La nôtre avait un petit balcon (qui donne sur une grosse route, donc pour le calme, oubliez. Quoique, en Inde en général, c’est dur de trouver du calme), la chambre est spacieuse, confortable et propre. Par contre, le wifi est très mauvais (comme souvent en Inde, mais ici particulièrement!).

Le resto de l’hôtel Panchavati n’est pas mauvais, mais pas exceptionnel non plus. On y a quand même de beaux souvenirs, ceux des repas partagés avec Andrée et Sylvain! Et puis, on se rappelle de cette famille indienne qui fêtait l’anniversaire du papa à côté de notre table: ils nous ont offert, à chacun, une part du gâteau d’anniversaire! Un super moment.

On a essayé deux autres bons restaurants dans Aurangabad (nos autres expériences culinaires à Ajanta et Ellora ayant été assez médiocres): le Smile et le Great Sagar.
Le Smile est un grand café avec une grande terrasse. La carte est variée, les prix sont très abordables, et en tout cas nos dosas étaient plutôt bons!
Le Great Sagar est un restaurant musulman assez chic qui sert de très bonnes viandes en curry ou en brochettes marinées. Etant donné que c’est de la viande, les plats sont plus chers que dans les restos veg (qui sont monnaire courante en Inde, on vous le rappelle: les hindous sont plutôt végétariens!), mais c’est vraiment très bon, et les brochettes sont finement assaisonnées. C’est un bon plan si vous êtes en mal de barbaque! Là encore, Andrée et Sylvain étaient dans le coup 😉

Et voilà, l’Inde du Sud, c’est fini

Ajanta et Ellora ont clôt magnifiquement notre périple en Inde du Sud. Mais, loin d’en avoir assez de l’Inde, on a poursuivi notre traversée du sous-continent au Rajasthan! Bon, ça a pris un peu de temps… D’abord on a fait 15h de bus pour aller jusqu’à Ahmedabad, capitale du Gujarat. Rigolo ce trajet: lors des pauses, comme c’était le soir voire le début de la nuit, on arrivait dans des cafés-restaurants qui étaient devenus des bars à cette heure-ci. Et tous les indiens du coin y étaient venus faire la fête entre copains: on a été cuisinés de questions et ils étaient tous fiers de nous parler de leur pays (l’alcool aidant, c’était particulièrement sympa). Explosés après le bus (pourtant on a eu un bus plutôt luxe cette fois: la vidéo le prouve), notre journée à Ahmedabad n’a pas été très productive. Déjà, quand on est arrivés, on s’est fait méchamment arnaquer par le tuk tuk qui nous a amenés à notre hôtel, à base de faux mètre etc (pour en savoir plus, vous pouvez lire notre article sur les tuktuks en Inde). Puis, quand on a émergé pour sortir de notre chambre un peu glauque et sans fenêtre, la ville ne nous a pas fait très envie… Par contre le Gujarat, ça a l’air assez chouette! Et puis il y a de belles choses à faire dans les environs d’Ahmedabad.

Après une bonne nuit de repos, nous voilà à nouveau partis en bus pour un trajet de 6-7h, en direction de notre première vraie étape dans le nord de l’Inde, Udaipur, la Venise de l’Est!

Pour en savoir plus sur l’Inde du Sud, consultez notre dossier!
Et pour l’Inde en général, y compris nos super conseils pratiques dans le pays, ça se passe ici!

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