Mahabalipuram sea shore temple

Mahabalipuram: vieilles pierres et sel de mer

Après notre premier passage de quelques jours à Pondichéry, et avant de dire au revoir à Mirella à Chennai, nous sommes passés par Mahabalipuram, autrefois appelée Mamallapuram. Ce village, situé sur une presqu’île à mi-chemin entre Pondichéry et Chennai, présente plusieurs facettes qui valent le détour.

D’un côté, c’est un village de pêcheurs, de l’autre c’est une destination « plage » prisée des citadins de la région, de Chennai à Pondichéry, et même jusqu’à Bangalore. Beaucoup viennent y passer le week-end pour profiter de la plage et d’une certaine tolérance envers la consommation de cannabis. C’est aussi un des rares endroits de la côte est de l’Inde où l’on peut réellement se baigner sans craindre la pollution et autres déchets qui pourrissent beaucoup de plages indiennes.

A noter, pour arriver à Mahabalipuram, il y a quelques bus directs par jour depuis Chennai ou Pondichéry. Cependant le plus simple et de prendre un bus Chennai-Pondichéry ou Pondichéry-Chennai, en faisant attention à prendre ceux qui passent par la ECR (East Coast Road). Ceux-ci partent toutes les 10-15 min et vous déposeront sur la bypass à environ 1km du centre de Mahabalipuram. Attention par contre à bien dire au contrôleur que vous descendez à Mahabalipuram, et quand il vous dira qu’on arrive bientôt, soyez prêts! Le bus s’arrêtera quelques secondes et vous avez intérêt à vite descendre ou vous vous ferez hurler dessus. Les arrêts de bus sont en effet un de ces moments où les indiens détestent attendre 🙂

Les temples de Mahabalipuram
Le Shore Temple

Il y a 3 grandes attractions touristiques à Mahabalipuram. La plus connue est le Shore Temple, ou temple de la côte. Ce temple, un des plus vieux de l’Inde du Sud, a été construit au VIIème siècle, et brave les éléments depuis. Le temple lui-même est assez petit, mais sympathique. Il n’y a rien de totalement exceptionnel (sauf pour les passionnés en la matière), mais c’est tout de même plutôt joli, et c’est très impressionnant de se dire qu’il tient là depuis 13 siècles!

L’entrée du temple coûte 500 roupies pour les étrangers, mais compte aussi la visite des 5 Rathas, à condition de faire les deux sur la même journée.

Les 5 Rathas

La deuxième grande attraction de Mahabalipuram est les 5 Rathas. Ces 5 petits temples, construites du VIème au VIIIéme siècles, sont à environ 1 km du centre de Mahabalipuram. Les tuktuk locaux vous demanderont entre 50 et 100 roupies pour y aller, mais sinon ça se fait très bien à pied. En bonus si vous le faites à pied, vous pourrez voir les tailleurs de pierre travailler dans leurs ateliers!

Cet ensemble tire son nom de son architecture, chaque temple étant construit comme un char de procession, soit un Ratha. Chacun est dédié à un des dieux majeurs de l’hindouisme: Brahma, Vishnu, Shiva, Indra et Durga. Et chaque temple a été taillé dans un seul bloc de granit sur place!

L’endroit vaut le détour, malgré la foule d’Indiens venus visiter ces temples!

Arjuna’s Penance

On finit par la dernière attraction de Mahabalipuram, et cette fois-ci c’est gratuit! Dans un grand parc à côté du centre de Mahabalipuram se dressent plusieurs monuments intéressants.

Tout d’abord, au centre du parc, trône le Butterball, un énorme bloc granitique en forme de boule (de beurre donc…) sur une plateforme rocheuse. De là, baladez-vous dans le parc pour voir des ruines de petits temples, des temples creusés dans des grottes, et surtout l’Arjuna’s Penance, une grande fresque en bas-relief, creusée dans la roche (visible depuis la route qui longe le parc), qui représente la descente du Gange sur Terre.

En somme, prenez votre temps pour vous balader dans le parc, c’est agréable et intéressant. Vous pouvez aussi y visiter le phare (nous on ne l’a pas fait) qui se trouve à l’intérieur du parc.

L’artisanat à Mahabalipuram

Vu sa riche histoire, il n’est pas très étonnant que Mahabalipuram soit aussi connue pour ses tailleurs de pierre. Ceux-ci sont réputés à travers toute l’Inde et l’Asie du Sud-Est. Ils font bien sûr de petites pièces pour les touristes, mais aussi des œuvres plus monumentales pour décorer des bâtiments administratifs, des hôtels de luxe, et des temples.

Profitez-en pour admirer leur travail, souvent magnifique et précis. Cela peut aussi valoir le coup d’acheter de petits souvenirs, car vous ne trouverez pas d’aussi belles pièces taillées, et encore moins à bas prix, que là. Par contre, voici quelques conseils avant d’acheter:
-prenez votre temps pour observer en détail les pièces, la qualité et la finesse de la taille restent variables
-privilégiez plutôt les artisans sur la route vers les 5 Rathas que ceux en centre ville (les pièces sont plus belles et les prix sont moins chers)
-of course, négociez sec!

Si vous achetez des pièces, faites attention à ce qu’elles soient vraiment bien emballées, et que chacune soit emballée individuellement. Mirella a eu le malheur d’avoir deux petits éléphants
emballés ensemble. Résultat, des jambes se sont cassées dans le transport…

La plage à Mahabalipuram

Le dernier point intéressant de Mahabalipuram, c’est sa plage! En effet, l’Inde étant ce qu’elle est, il n’y a pas tellement d’endroits sur la côte est où l’on puisse se baigner, et Mahabalipuram en fait partie. L’eau de la baie de Bengale est d’une température exquise, les vagues ne sont pas trop fortes, et on s’y baigne donc avec plaisir sur une plage constellée de barques de pêcheurs et de vaches 🙂

Pour rappel, les indiens, et surtout les indiennes, sont assez prudes, et n’ont donc pas l’habitude de se baigner en maillot de bain, voire de se baigner tout court. Ceci refroidit donc nombre de baigneuses occidentales, de peur de se faire dévisager par les locaux.

A Mahabalipuram en revanche, cela semble assez bien toléré par les habitants, puisque nous avons vu plusieurs jeunes femmes se baigner en bikini sans problème. Cependant, si vous préférez respecter les coutumes locales et rester couvertes, c’est bien sûr tout à fait compréhensible.

Certains y font aussi du surf, mais honnêtement, en tout cas quand nous y étions, les vagues ne faisaient pas trop envie…

Où manger et dormir à Mahabalipuram

Nous avons choisi la guesthouse Sri Harul pour nos deux nuits à Mahabalipuram. Celle-ci était recommandée à juste titre par Le Routard. La guest est le long de la plage, avec des chambres côté mer (900 roupies la nuit), avec balcon, et d’autres côté rue (600 ou 700 roupies la nuit). Ce n’est bien sûr pas du grand luxe, mais le rapport qualité-prix est excellent et le patron est très sympa et très accueillant. On a tellement aimé qu’on l’a conseillée à tous les voyageurs qu’on a croisés à Pondichéry qui voulaient aller à Mahabalipuram!

On a essayé quelques restaurants à Mahabalipuram, tous plutôt bons.

Pour commencer, notre préféré, le Sea Rock Café, juste à côté de la Sri Harul Guest House. Ce resto, en bord de plage sous un toit en feuilles de palmier, est tenue par une charmante dame qui gère tout toute seule. Elle y sert du poisson frais en fonction de l’arrivage du jour, et sans doute le meilleur butter chicken qu’on ait mangé en Inde, ainsi que de délicieux lassis. Par contre, comme elle est toute seule, le service n’est pas des plus rapides, mais avec la vue sur la plage, il y a pire comme cadre pour patienter 🙂

En centre-ville, le Gecko, tenu par deux frères extrêmement sympathiques est une autre bonne adresse. Nous y avons goûté une recette de leur maman, absolument délicieuse. Ce n’est pas le moins cher, mais c’est vraiment succulent et l’accueil y est simplement parfait.

Aussi en centre-ville, vous pouvez tenter le Yogi, tenu par une française et son mari indien, notamment pour le petit-déjeuner. En effet, ils y servent des crêpes à la française et des omelettes divines. Les prix sont un poil cher, mais la nourriture est vraiment bonne. Seule ombre au tableau, la tarte au citron (le dessert préféré à la fois de Stéphanie et Emmanuel), vraiment chère, et malheureusement vraiment pas bonne du tout. On ne peut pas tout réussir 🙂

Et voilà, après cette escale plage, il était temps de se diriger vers Chennai, anciennement Madras, d’où Mirella devait reprendre l’avion (snif!). Bon, on vous le dit tout de suite, on n’écrit rien sur Chennai. C’est une grosse ville inintéressante et peu agréable à vivre. Comme l’a dit un voyageur croisé sur la route, la meilleure chose à Chennai, c’est le panneau de sortie de la ville 🙂 Donc on est vite repartis de là-bas pour retourner à Pondichéry et faire notre première mission twaming du voyage!

Pour en découvrir davantage sur l’Inde du Sud, consultez notre dossier!
Pour en savoir plus sur l’Inde tout court, c’est par ici!

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