spirulina

Stéphane Sasvari: devenir le premier producteur de spiruline en Suisse

Stéphane Sasvari

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Pays: Suisse
Ville:
Lussy-sur-Morges

Son projet: lancer la première production de spiruline en Suisse, « Spiruline Swiss Made »
Son objectif: être producteur de spiruline est son projet de vie, projet nourri par une passion grandissante depuis des années. Stéphane respire, pense et vit spiruline. Vivre de sa passion lui permettrait, à son échelle, de participer au développement des solutions alimentaires alternatives dans le monde.

A 49 ans, Stéphane a un challenge de taille: rassembler d’ici le 2 avril prochain, la somme de 17 000 € (soit environ 18 000 francs suisses) pour réaliser son rêve et devenir le premier producteur de spiruline en Suisse.

J’ai rencontré Stéphane il y a un peu plus de 2 ans, à un café de l’aéroport de Phnom Penh au Cambodge. Depuis, nous sommes amis. On prenait alors le même avion pour Bangkok, on a bien eu le temps de discuter. Ce genre de discussions simples entre voyageurs, sans fard, où l’on échange sur la vie, ses projets, ses ambitions. « Spiruline »: sans exagérer, ou presque, c’est sans doute le premier mot qu’a prononcé Stéphane.

Tous ses voyages, ces 3 dernières années, ont été en réalité des enquêtes au long cours, des investigations pour percer les secrets de cette algue magique. Voilà le personnage. Et voilà pourquoi il me tient à coeur de l’aider à réaliser son rêve!

J’ai donc pris mon téléphone depuis Siem Reap au Cambodge, pour lui poser toutes les questions sur son beau projet et vous convaincre de son utilité!

Et pour faire grimper la jauge de la collecte, c’est ici!
La spiruline: kézako?

Il n’y a aucun doute, tu en entendras de plus en plus parler. C’est un des aliments du futur… On parle d’algue bleue, mais il faut déjà savoir qu’elle appartient à la famille des cyanobactéries, et se reproduit dans des lacs très alcalins et légèrement salés. Apparue sur terre il y a plus de 3 milliards d’années, elle est à l’origine de la vie et elle est toujours là! Si elle est toujours là, c’est bien pour quelque chose… peut-être qu’elle fait partie de nous! La spiruline pourrait participer à éradiquer la malnutrition dans le monde, je ne sais pas si tu imagines!

Elle a des propriétés nutritionnelles uniques: elle contient plus de protéines, de fer, de bêta-carotène, de vitamine B12, d’acide gamma-linolénique qu’aucun autre aliment connu! A l’heure où nous devons changer nos habitudes alimentaires pour préserver la planète, la spiruline est une bonne candidate pour accompagner ce changement. En plus, son génome est enregistré à la GenBank, ce qui le rend accessible à tous!

Au-delà de ses aspects nutritionnels, elle fonctionne comme la végétation en général : elle se nourrit de CO2 et rejette de l’oxygène. La boucle est bouclée …Rires

Si c’est une alternative alimentaire pour demain, cela veut dire que tu devras créer la demande et développer un marché?

Rires. Oui, évidemment, si on prend les choses sous cet angle-là, il faudra créer le marché… mais tu sais, aujourd’hui, il y a déjà une demande.
La spiruline est consommée pour surmonter tout type de fatigue, d’anémie et de carences alimentaires. Tu peux en prendre pour recharger tes batteries avant l’hiver. Comme la spiruline booste les défenses immunitaires, elle peut être prescrite dans le cas d’anorexies, de chimiothérapies, ou après des opérations chirurgicales. Elle a un aspect médical très intéressant.
Les sportifs en prennent aussi, pour la récupération. Pour les vegan, c’est un bon moyen de satisfaire leurs besoins en protéines, fer et minéraux.
On peut faire une cure à n’importe quel moment de l’année, ou toute l’année!
Et demain, la demande en spiruline sera croissante, car il y a une prise de conscience, les nouvelles générations sont plus attentives… elles savent qu’elles vont devoir booster leur système immunitaire car nous sommes de plus en plus résistants aux antibiotiques, comme nous mangeons de la viande qui en est bourrée. Le changement des habitudes se fera en douceur, mais je suis confiant: en Suisse, on a autorisé l’élevage alimentaire d’insectes l’année passée.

Une algue aux superpouvoirs… Comment ça t’est venu, la spiruline?

j’ai découvert la spiruline d’abord comme consommateur. J’en consomme depuis 7 ou 8 ans. J’ai une formation de thérapeute, de masseur et d’énergéticien, je suis donc naturellement attiré par tous les bienfaits qu’offre la Nature. C’est un ami qui m’en a parlé, et je l’ai testée sans vraiment savoir ce que c’était.

Comme j’ai fait plusieurs cures, j’ai creusé le sujet: qu’est-ce que c’est, d’où ça vient, comment c’est produit… et là j’ai plongé la tête la première dans l’univers de la spiruline. J’ai découvert les principaux pays producteurs: la Chine et les USA, qui produisent de façon industrielle, et la France, qui a une production artisanale. Plus sensible à cette dernière, je me suis donc rapproché de la Fédération Française des Spiruliniers, qui rassemble plus d’une centaine de producteurs qui font ça depuis plus de 10 ans.

Et puis, un jour, j’ai découvert un savoyard, pas loin de chez moi, du nom de Jeff Thévenet. Jeff compte beaucoup pour moi, il est mon premier contact physique avec le monde de la spiruline. Je suis allé visiter sa ferme, nous avons beaucoup échangé. Quand je suis rentré dans la serre, ça a été une révélation pour moi. Quelque chose s’est passé. J’ai été saisi par une vive émotion. J’ai assisté à tout le processus de pressage, et tout m’a marqué: l’odeur, la couleur, le goût… je suis tombé amoureux quoi.

Donc l’idée de produire de la spiruline, ça t’est venu par amour?

Bien sûr! Rires. Mais pas que. En parallèle, comme j’ai toujours eu pour projet de travailler dans l’humanitaire (je suis empathique et un grand voyageur, on ne se refait pas! Rires), je me suis dit qu’avec les propriétés extraordinaires de la spiruline, on pouvait faire quelque chose.

J’ai donc fait des recherches et je suis rapidement tombé sur Antenna Technologies, qui développe des programmes contre la malnutrition grâce à la spiruline. Cette idée m’a plu: la spiruline sociale… mais comme Antenna le faisait déjà et très bien, j’ai préféré les laisser faire et ne pas m’en mêler. Ce qui ne m’a pas empêché de me rapprocher d’eux par la suite pour en savoir plus. Rires.

Et puis un jour, je me suis demandé si quelqu’un en produisait chez moi, en Suisse… c’est une culture saisonnière, d’avril à septembre, ce qui me laisserait 4 mois par an pour continuer à voyager… Banco! Seule zone d’ombre: le climat. Fait-il assez chaud en Suisse pour cultiver la spiruline?

Aujourd’hui, après mes tests, je peux te le dire: oui, il fait assez chaud en Suisse pour la spiruline!

Tu as déjà commencé alors?

Pas tout à fait. J’ai fait des tests pour valider mon projet et sa viabilité. Je voulais présenter un projet abouti, et j’ai travaillé dur! L’amour vous fait déplacer des montagnes! rires.

J’ai mené mes enquêtes… le froid n’est pas un frein pour Jeff Thévenet, qui n’est pas loin de chez moi… ça m’a donc conforté dans mon projet.

S’est ensuite posé la question du financement de l’infrastructure: une ferme comme celle de Jeff, c’est un investissement de 100 000€! Pas possible pour moi… Et puis, lors d’un de mes voyages en Asie, on m’a parlé d’une culture de spiruline sur le toit d’un Novotel à Bangkok… j’y suis allé au culot, je suis monté sur le toit! C’est comme ça que j’ai trouvé la solution à mon problème: j’ai découvert ce jour-là une installation faite de gros fûts de 300 litres relayés avec un système de circulation. Le modèle a été développé par Energaya. Investissement: 20 000€.

J’avais tout: l’idée, l’envie, le procédé. Tout s’est enchaîné: stage chez Jeff pour apprendre les techniques de culture, reproduction du système identifié à Bangkok avec 6 bidons de 100 litres, et premiers tests.

Premiers résultats, première réussite. L’exploit! Rires.

Les étoiles se sont bien alignées: je travaillais dans l’événementiel encore, au moment de mes recherches, dans un endroit qui était voué à la démolition. On savait que ça allait arriver, mais on ne savait pas quand, on attendait la date fatidique depuis 2 ans. Quelques mois avant que je mette au point mon prototype de système de culture, on a eu la date de fin: le 31 janvier 2017.

Je me suis alors mis à la recherche d’un terrain: j’ai trouvé. J’ai tout aujourd’hui, tout! Sauf les fonds. rires.

L’histoire reste à écrire: j’aimerais l’écrire avec tous ceux qui me soutiendront dans cette campagne de crowdfunding.

C’est quoi, la suite?

C’est le succès de cette collecte! C’est ma première vraie récolte de spiruline, que je pourrai faire cet été. Je ne suis pas un business man. Si je sors 300 kgs de spiruline par an, je subviens à mes besoins, et cela me suffit. Je vends ma production sur mon site internet « Spiruline Swiss Made », et peut-être dans des épiceries responsables.

Et puis, évidemment, je continue de voyager 4 mois par an. Au Cambodge, notamment.
Le moringa m’intéresse aussi… il contient de la Vitamine C que la spiruline n’a pas. Il y a du moringa au Cambodge. J’aimerais le leur faire redécouvrir, en faisant un travail d’information, en en replantant dans les villages, car au Cambodge, les gens souffrent de malnutrition.

Cliquez pour soutenir le beau projet de Stéphane et devenir partenaire de « Spiruline Swiss Made » !

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