Alleppey: les Backwaters, que du bonheur!

De Cochin à Alleppey (Alappuzha)

5 nuits à Cochin, et voilà que la bougeotte nous reprend… on va aller voir ce qu’il se passe du côté d’Aleppey, dans les célèbres Backwaters, au sud de Cochin. État du Kerala, toujours.

On opte pour un taxi, on ne se sent pas encore d’attaque pour prendre les bus locaux, d’autant plus qu’il n’y a qu’un bus direct pour Alleppey depuis Kochi, et il part tôt le matin… sinon, pour attraper un autre bus, il faut prendre le ferry pour Ernakulam d’où il y a des départs plus fréquents… quant au bateau, la voie empruntée depuis Cochin n’est, paraît-il, pas extraordinaire: on passe par de grandes étendues d’eau et on ne voit pas grand chose de la vie environnante. Et comme on est trois, le tarif par tête est intéressant: on a payé 1 500 roupies en tout pour être amenés directement à la guest qu’on avait réservée. 1h30 de jolie route verdoyante et animée! Le chauffeur, sympathique, nous passe de la musique traditionnelle kéralaise, où les percussions sont à l’honneur. Il nous explique que ces morceaux sont joués lors des spectacles de danse de Kathakali, que nous n’avons pas vue, mais qui est réputée dans toute l’Inde. Le Kathakali, ce sera pour une prochaine fois! Puis, bon, après nous avoir vendu du traditionnel, notre chauffeur nous met du Backstreet Boys en boucle. Aujourd’hui encore, on se demande s’il a fait ça en pensant nous faire plaisir…

Après discussion au téléphone avec la guest pour savoir où il devait aller, le taxi nous dépose à une petite embarcation, qu’on doit emprunter pour traverser la rive: en face, se trouve la Green Palm Homes, une charmante maison d’hôtes qui nous avait été chaudement recommandée par Anne et Julien, nos amis parisiens venus y séjourner quelques mois plus tôt (dédicace les copains!). La traversée coûte 10 roupies chacun, prévoir de la petite monnaie donc.

Et là, merveille: la guest, tenue par des propriétaires terriens, est composée de trois bâtisses charmantes, autour d’un joli jardin. La maison où nous logeons est celle de la mère de famille: les repas ont lieu dans la grande pièce du rez-de-chaussée, tandis que nous pouvons profiter de l’étage rien que pour nous, où il y a un grand salon et deux chambres, toutes deux bien aménagées, avec salles de bain privées. Un coin lecture et des terrasses, dont une donnant sur les backwaters, et nous voilà heureux! Nous sommes arrivés pour un déjeuner tardif, car l’hébergement s’entend pension complète: nous sommes sur une petite île, où il n’y a pas de restau à l’horizon, ni même vraiment de petite supérette pour s’approvisionner. 

Nos hôtes ont donc tout prévu: on se laisse choyer. Les repas servis sont absolument délicieux, et chose peu rare en Inde, très copieux. Si le tarif est plus élevé que le budget quotidien qu’on s’est prévu, on ne regrette pas ce petit luxe! On est restés raisonnables, car on n’a booké qu’une nuit, mais on a pu en profiter à fond (et on peut facilement se laisser aller à quelques jours là-bas)!

A la découverte de la vie environnante des Backwaters
A pied

L’avantage d’être logé sur terre au milieu des Backwaters, c’est de pouvoir découvrir, à pied, les environs. On n’a pas attendu bien longtemps: le déjeuner à peine terminé, on part à l’aventure sur les chemins qui font le tour de l’île et longent les canaux. On voit passer sur l’eau, à quelques mètres, les houseboats, souvent empruntés par les touristes. Tandis qu’eux restent sur l’eau et s’arrêtent très peu sur la terre ferme, nous, on peut aller à la rencontre des habitants du coin, et observer la vie rurale, fascinante, qui s’y déroule. On se perd dans les rizières, on passe d’un côté et de l’autre des canaux sur des petits ponts de fortune, on croise les enfants qui rentrent de l’école, avec leur gros sacs à dos, à la queue-leu-leu sur les chemins étroits, on nous lance des « Hello » à tout va, bref, c’est chouette. Un peu plus loin, des travailleurs s’affairent à fermer les sacs de riz et à les charger sur leurs petites embarcations, les pêcheurs se savonnent au bord de l’eau, des parfums de cuisine s’élèvent à la nuit tombante, des jeunes filles tournent sur elles-mêmes pendant leurs cours de danse, des femmes décrochent le linge qu’elles ont fait sécher la journée. L’atmosphère est paisible et savoureuse dans les Backwaters.

Et, il faut bien le dire, le coucher de soleil que nous ont offert les Backwaters reste un des plus beaux que nous ayons vus en Inde…

En canoé

Après un délicieux dîner, où une chauve-souris s’est invitée brièvement, espérant attraper au passage une banane dans notre assiette, on décide de faire une excursion en canoé le lendemain matin. Maria, une des filles de la famille, s’est jointe à nous au début du repas pour nous saluer et nous conseiller sur les activités à faire. Jeune femme absolument charmante et à l’anglais parfait, elle répond à toutes nos questions sur l’île, l’histoire de la propriété et nous partage ses souvenirs. Sa famille possède toujours les plantations de fruits, légumes et des rizières, et ils sont les premiers sur l’île à avoir accueilli des « étrangers ». Elle avait à peine 5 ans quand elle en a vu pour la première fois! Au début, ils ne comprenaient pas trop ce que pouvaient bien vouloir ces personnes venues d’ailleurs… puis, peu à peu, la famille de Maria a établi le contact et a développé sa petite affaire touristique.

Avant de nous quitter, elle nous indique la direction à prendre pour faire un tour en canoé: c’est assez simple, il suffit de toujours prendre à droite. Au centre de l’île, se trouve un étang, depuis lequel s’étend le réseau de canaux, en étoile. Pas moyen de se perdre! Et, chose assez pratique, ils ont des canoés à disposition dans la Green Palm Homes, pour 100 roupies par canoé par heure.

Le canoé a le mérite de ne pas faire de bruit quand on avance sur l’eau, au contraire des gros houseboats et des long-tails à moteurs, est écolo (pas de rejet des eaux usées ou déchets plastiques, pas de pollution due aux moteurs diesel), plus économique, et permet de se faufiler dans les canaux les plus étroits, là où les autres embarcations ne peuvent pas aller. C’est entre autre pour cela que nous avons choisi de loger sur la terre ferme et de ne pas opter pour un tour en houseboat: on peut aller voir, en toute tranquillité, ce qui se cache derrière la végétation. Car, il faut le savoir, les houseboats n’accostent que pour la nuit (et en plus ils rentrent tous à l’embarcadère principal, donc vous pouvez oublier le fantasme de dormir en plein milieu des backwaters): vous avez tout ce qu’il vous faut à bord, y compris de la musique, mais vous ne voyez que de loin ce qu’il se passe dans le coin.

Seul obstacle à la petite balade en canoé: les jacinthes d’eau! Importées à l’origine part les Britanniques pour « décorer » les jardins et les plans d’eau, les jacinthes d’eau sont devenues un véritables fléau dans les Backwaters. Elles asphyxient la faune et la flore et se développent à grande vitesse. Elles s’infiltrent partout et bouchent les canaux. Malgré les efforts des habitants qui redoublent d’ingéniosité pour maîtriser leur prolifération, elles deviennent, peu à peu, les maîtres des lieux, passant même au-dessus (ou en-dessous) des barrages en bambou. L’étang au centre de l’île est d’ailleurs envahi par les jacinthes. Nous avons donc renoncé à le gagner en canoé et avons fait demi-tour, n’ayant aucun moyen de passer: les jacinthes ne vous permettent pas de jouer de vos rames… 

Qu’à cela ne tienne, nous y sommes retournés quelques heures plus tard à pied!

Comptez 2 heures pour une balade en canoé, 3 heures si vous la faites à pied.

A notre retour, après près de 3 heures de marche durant lesquelles la première paire de tongs de Stéphanie a rendu l’âme, il était pour nous le temps de plier bagages, et de rejoindre la ville.

Maria et sa mère ne nous ont pas lâchés du regard jusqu’à ce qu’on soit bien montés dans le Tuktuk qu’elles avaient appelé, et qui nous attendait de l’autre côté de la rive.

Alleppey

Bon, on doit avouer qu’on n’y a pas passé beaucoup de temps, à Alleppey, on préférait rester le plus longtemps possible sur notre petite île au milieu des oiseaux et des chauve-souris. On a donc arpenté les rues d’Alleppey de nuit, à la recherche d’un restaurant et d’un bar pour se boire une petite mousse. On a booké une nuit dans un endroit sans charme mais pas cher, qui faisait bien l’affaire (@Mirella, si tu nous lis et te souviens du nom de la Guest, laisse un petit commentaire, ouvrons la porte aux articles collaboratifs!). Mais ce qu’on retient, c’est qu’on a bien fait de se sauver vite fait bien fait d’Alleppey: restaurant où il y avait toutes les cuisines du monde sur la carte mais où en réalité ils ne servaient que trois plats et avait plagié le « M » de Mac Donald’s (là aussi Mirella, si tu te souviens de ce café-restaurant-fast-food-on ne sait pas trop, on est preneurs! cela évitera peut-être à d’autres d’y échouer…), pluie torrentielle toute la nuit juste pour nous, et surtout, LE bar, à côté de la Bus Station. Lumière tamisée plus glauque que romantique, pas une femme à l’horizon (Mirella et Stéphanie ont donc attiré tous les regards), fumoir au fond de la pièce à côté du ventilo, sol et tables collants… bref, une expérience qui vous fera rire un bon moment. Allez, c’est pas tout ça, mais il était temps de rentrer, on prenait le bus tôt le lendemain matin, direction Munnar!

Où dormir, manger et louer des canoés dans les Backwaters?

Green Palm Homes

Pension complète

A partir de 2 500 Roupies par nuit pour 1 personne, 3 500 pour deux

Canoé: 100 roupies par heure et par canoé

Contact: réservation par mail et/ou par téléphone ( +91 477 272 4497 )

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