Kochi ou Cochin

Nous nous sommes posés à Fort Cochin quelques jours, pour reprendre des forces après notre périple au Moyen-Orient, et pour attendre sagement Mirella, la sœur de Manu (la première à nous rejoindre pour un bout de chemin dans notre aventure!) qui allait passer un peu plus de 2 semaines avec nous.

Cochin, c’est une introduction en douceur à l’immense, impétueux, passionné et passionnant pays qu’est l’Inde. Nous avons fait ce choix de remonter l’Inde du Sud au Nord, pour nous acclimater peu à peu, au fil des distances parcourues et des rencontres, à la diversité culturelle qu’offre le pays.

Que faire à Cochin?

Cochin ou Kochi, est une ville portuaire, qui s’étend sur 3 zones principales: la presqu’île de Fort-Cochin-Mattancherry, l’Île de Willingdon et Ernakulam sur la terre ferme. Nous avons posé nos sacs dans la première, plus ancienne, plus tranquille et donc plus touristique.

Nous nous sommes alors davantage baladés dans le coin de Fort Cochin, avec un petit saut à Ernakulam, plus moderne et plus agitée, en prenant le ferry.

Pour planter le décor: balades tranquilles à Fort Kochi

Prenez le temps de vivre, de flâner… la ville s’y prête bien, surtout Fort Kochi. Les maisons sont peintes de couleurs vives où rose, bleu et vert se succèdent, les tuktuks vous hèlent au passage, les deux roues de tout poil vous signalent de vigoureux coups de klaxon qu’il vous faut dégager vite fait bien fait sous peine de vous rouler dessus (au même titre que les énormes bus customisés, d’ailleurs). On croise des stands de street food qui embaument la rue et on découvre avec plaisir tout ce que promet la gastronomie du sud de l’Inde, qui est délicieuse.

La ville est verdoyante, avec quelques espaces verts ça et là, et lorsque le trafic se dissipe (et donc le vacarme des klaxons), on entend les oiseaux piailler (ou les corbeaux croasser… il y en a un paquet à Kochi!). On déambule jusqu’aux célèbres filets de pêche chinois de la ville, plantés le long d’un chemin de promenade qui longe la rive. C’est particulièrement agréable le soir, lorsque les habitants se rejoignent pour déguster des glaces, des fruits ou quelques « vadais » (beignets frits de légumes).

Ce qui frappe également à Cochin, c’est le nombre d’églises… qui côtoient des mosquées, puis quelques temples hindous. Ce mélange incroyable et cette cohabitation entre les différentes religions est vraiment étonnant, et invite à la réflexion. Par curiosité, nous sommes allés passer une tête à l’entrée de la Basilique Santa Cruz où une messe avait lieu: si vous en avez l’occasion, il faut absolument y assister, tout change de nos codes. C’est vif, c’est coloré, vivant, passionné, la musique est entraînante et a clairement pris les teintes de la région. Il y a même une église syrienne à Fort Cochin, à l’architecture très surpenante… et une synagogue (c’est même la plus vieille synagogue active de tout le Commonwealth)! Malheureusement, nous n’avons pas pu la visiter, elle était fermée pour Soukhot, grande fête religieuse (décidément, on n’a pas eu de chance avec le calendrier juif). S’il y a tant d’églises dans les parages, c’est parce qu’au Kerala, il y a une plus forte concentration de chrétiens qu’ailleurs en Inde: ils représenteraient près de 18% de la population, et 35% à Cochin, selon le dernier recensement de 2011. D’ailleurs, vous tomberez sans doute sur cet autel dédié à Mère Theresa!

Le Kerala se distingue des autres états indiens, en plusieurs points: la religion en est un, la politique en est un autre. A de nombreuses reprises, sur les murs, vous pouvez observer des fresques communistes, tomber sur des centres où se réunissent les membres du parti: le Kerala est l’état communiste le plus important d’Inde. C’est aussi un des plus riches, grâce aux cultures de café, de cacao, de riz, de thé, de la pêche… qui sont exportées à l’international, du tourisme, et surtout des envois d’argent des kéralais qui sont nombreux à partir travailler dans les pays du Golfe (ces envois représentent plus de 30% du PIB de l’état!). Mais le Kerala se distingue particulièrement par son indice de développement humain, le plus élevé d’Inde avec notamment le taux d’alphabétisation le plus élevé: 94% au global, 92% pour les femmes. Le nombre de publicités pour la contraception est aussi assez notable… alors qu’ils ont besoin de renverser la courbe de natalité, puisque c’est le seul état indien à avoir un taux de fécondité en-dessous du seuil de renouvellement de 2,1! Et avec ça, vous n’aurez aucun mal à communiquer en anglais!

Outre les filets chinois, les églises et la synagogue, vous pouvez aller visiter le Dutch Palace (ouvert tous les jours sauf vendredi et jours fériés, jusque 17h). Les touristes indiens s’y pressent et vous bousculent dans la file d’attente pour passer, pour connaître l’histoire du Kerala et de Fort Cochin. Il y a de jolis pièces, de beaux palanquins, des costumes traditionnels, des fresques murales… que Mirella et Manu ont découverts avec passion, tandis que Stéphanie pressait le pas. Les dizaines de panneaux explicatifs à lire dans chaque salle, c’est pas son truc! Si vous avez la patience de tous les lire, ça vaut le coup, sinon… vous risquez d’être déçus voire de vous ennuyer! Voilà, c’est dit.

Côté Ernakulam

Pour se rendre à Ernakulam depuis Fort Cochin, il faut prendre le ferry, ce qui est assez simple (par la route, comme il y a toujours des embouteillages, n’y pensez même pas). Allez à un embarcadère, renseignez-vous au guichet pour les horaires, achetez vos billets et c’est parti! On vogue pendant une vingtaine de minutes, et on atterrit dans une ville au visage bien différent. Trafic plus intense, mendicité (et oui, c’est un passage obligé en Inde, surtout quand on est touriste), bâtiment plus hauts et plus modernes, frénésie urbaine en somme. Si c’est moins plaisant que Fort Kochi, c’est quand même intéressant d’y faire un tour, pour voir cette ville aux deux visages.

Nous nous y sommes rendus sur une après-midi, avec comme objectif de nous rendre à Seemati, ce grand magasin de textile qui est une véritable institution. Plusieurs étages pleins de vêtements et de tissus, à tous les prix (fixes, ce qui est un avantage) qui montent au fur et à mesure que vous grimper dans les étages. Des milliers de couleurs, différentes qualités, que vous pouvez toucher, essayer… le personnel de la maison est aux petits soins pour que vous trouviez votre bonheur. Ne ratez pas l’étage des robes de mariées, qui est un véritable spectacle: les fashion designers (auto-désignés) s’affairent pour confectionner le sari parfait à la future mariée. Des estrades sont installées pour que la principale intéressée s’éxécute à chaque signe de tête de sa mère et de sa belle-mère, qui choisissent les tenues. Toute la famille est présente, confortablement installée dans des sièges moelleux installés au pied de la scène. Tandis que la famille de la mariée choisit et paie la tenue de la cérémonie du jour, c’est la belle-famille qui se charge du sari de la réception du soir. Et il en sort de véritables merveilles de confection!

Mirella et Stéphanie n’ont pas résisté à l’envie de s’acheter quelques foulards et étoles, et sont ressorties avec leurs achats et la facture d’achat tamponnée et re-tamponnée aux guichets de caisse. Un reçu pour le choix de l’article, un reçu pour la paiement, et un reçu pour attester que la marchandise a bien été délivrée à l’acheteur. On est en Inde, l’administratif est une affaire sérieuse!

D’ailleurs, si vous souhaitez faire des achats, préférez ce genre de magasins aux petites boutiques qui n’affichent pas de prix fixes, et qui sont des attrapes-touristes… comme celles que vous trouvez dans le quartier de Jew Town. Et quoiqu’il arrive, ne vous faites jamais expédier directement vos achats: il y a de bonnes chances que vous ne les receviez jamais, car ils ne seront tout simplement jamais envoyés! Après, vous pouvez marchander férocement, c’est rigolo aussi… nous, on a fait les deux!

Nos bonnes adresses à Fort Kochi
Où séjourner à Kochi

Kevin’s Placid Homestay: cette petite guesthouse porte bien son nom! Très bon rapport qualité-prix, propreté impeccable, bonne situation. Elle est tenue par le propriétaire et sa femme, qui prennent grand soin de leur hôtes. Nous avons pris le petit déjeuner tous les matins, en supplément, qui est absolument délicieux et différent tous les jours. Toujours à l’écoute, le propriétaire, Henry, discute facilement de tout et de rien, et répond à nos étonnements de touristes qui posons pour la première fois le pied en Inde. Il nous raconte qu’il a été chauffeur de camion pendant des années au Koweït pour gagner de l’argent, qu’il a économisé pour construire sa propre guesthouse. Son métier, c’est un choix! Il participe également, tous les week-ends, à des opérations de nettoyage de la plage. C’est grâce à lui que nous avons récupéré aussi vite nos bagages, il a littéralement harcelé au téléphone le bureau des réclamations de l’aéroport!
Comme souvent en Inde, il y a plusieurs prix selon la taille de la chambre et si vous prenez AC ou non. Nous on en a eu pour 950 INR/nuit (13€), en comptant le petit-déjeuner en supplément, pour une chambre sans AC avec balcon.

Contact:
1/375C, Njaliparambu Kochi-1
kevinsplacidhomestay@gmail.com
+91 97 45 10 65 63

Où se restaurer à Kochi

Dal Roti (1/293 Lilly Street): sans conteste, notre coup de coeur! C’est une cuisine d’Inde du Nord, veg ou non veg. Quelque soit votre choix, on vous parie que vous ne serez pas déçus! Prix moyens, rien d’extravagant.
Avec le grand avantage que dans la même rue se concentrent les bars de Fort Cochin: en général en Inde, l’alcool n’est pas toujours facile à trouver, mais particulièrement au Kerala qui a passé des lois particulièrement sévères pour l’alcool et le tabac. Ces bars sont de bonne tenue (atmosphère sombre de rigueur, comme la plupart des bars qu’on a trouvés en Inde du Sud). Donc, avant d’aller dîner, hop une petite bière pour se rafraîchir! Vous remarquerez qu’il y a une forte concentration de touristes…

Tibetan Chef’s Restaurant (Bastian Street): petit restau tibétain sympa aux prix plutôt doux et à la cuisine agréable, et qui avait l’avantage d’être à quelques pas de notre guesthouse.

Et sinon, les petites cantines indiennes au coin de la rue, qui servent des plats aux allures de street food et qui sont très bons. Bien moins chers que les autres restos plus touristiques, mais attention, ils se rattrapent sur la dose d’épices qu’ils mettent dans votre assiette. C’est de la cuisine locale, du coup, ça pique…

Pas mal comme introduction à l’Inde, non?

Pour en découvrir davantage sur l’Inde du Sud, consultez notre dossier!
Pour en savoir plus sur l’Inde tout court, c’est par ici!

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