Wadi Rum: embarquer pour la planète Mars, sur Terre

Que dire du Wadi Rum, si ce n’est que c’est à couper le souffle… La première vue que l’on a sur l’entrée de ce désert légendaire, est sans conteste l’une des plus belles choses que l’on n’ait jamais vue.

Arriver dans le Wadi Rum

Nous sommes arrivés dans le Wadi Rum depuis Aqaba, où nous avons fait la route en taxi privé. Déjà nous étions ébahis devant le spectacle qui s’offrait à nous, émerveillés par des montagnes dentelées comme nous n’en avions vues nulle part ailleurs, avec ces différentes strates géologiques à nu, pliées comme du papier, colorées d’un éventail de rouge, de noir, de gris, de terre et de sable.

Puis, au détour d’une montagne, la route s’enfonce dans ce qu’on imagine être une chaîne de montagnes, et l’on voit des troupeaux de chèvres au bord s’amusant à grimper dans les hauteurs. C’est là que se dessine une sorte de vallée, où se dresse un village bédouin en dur, agrémenté de bric et de broc, de toits en tôle, avec des ordures qui s’amoncellent au coin des rues. Le taxi s’arrête, et nous confie à un bédouin qui s’occupe de nous faire monter à l’arrière d’une jeep, tandis que nos gros sacs de backpackers prennent place sur les sièges avant. A peine le temps de donner un pourboire au taxi driver et de le saluer, en lui donnant rendez-vous au même endroit pour le lendemain matin, et nous voilà partis.

Tour en jeep dans le Wadi Rum

Nous avions booké un tour en jeep de 3 heures avec l’agence, pour voir un maximum de désert en peu de temps. Nous avons croisé sur le chemin des caravanes de chameaux, qui baladent les touristes sous un soleil de plomb, pendant une randonnée qui peut durer 3 ou 5 jours. Pourquoi pas, ce sera pour la prochaine fois! (et en plus, c’est plus écolo les chameaux… parce que là, on a explosé notre bilan carbone…).

La jeep secoue, et cela nous fait bien rire, les pistes tracées dans le sable ne nous épargnent pas et encore moins nos fesses… c’est tape-cul quoi! Qu’à cela ne tienne, on sort quand même nos appareils photos.

La première chose qui vous frappe quand vous pénétrez dans le Wadi Rum, c’est le contraste, presque surréaliste, entre le bleu azur du ciel et le rouge profond du sable et des montagnes qui se dressent comme sorties de terre sur un coup de baguette magique.

Premier stop: une des sources du wadi, où a été tourné le célèbre film Lawrence d’Arabie. Il faut grimper un peu pour gagner la source, les chaussures de rando ne sont pas de trop! Et là, quand on se retourne, le spectacle est saisissant… Depuis ces hauteurs, s’ouvre devant vos yeux le Wadi Rum… On est restés si longtemps à admirer la vue, à chercher d’autres points, d’un côté et de l’autre de la source, que lorsqu’on est redescendus, on a trouvé notre guide bédouin en train de boire le thé pour patienter. Et visiblement, il n’en était pas à son premier, de thé. Il nous a dit qu’il fallait qu’on ne tarde pas trop si on voulait tout voir et arriver à temps au camp pour le coucher du soleil, mais il nous a quand même fait nous asseoir en tailleur pour déguster une tasse de thé, servi dans un fond de bouteille en plastique découpé. Et que je discute avec le berger du coin, qui laissait son troupeau de chameaux (et oui), se reposer à l’ombre d’un des seuls arbres à des kilomètres à la ronde.

On avale notre thé en vitesse, et on redécolle! Pour le deuxième stop, on s’enfonce dans le Wadi Rum, et on reste scotchés sur ce qu’on voit défiler, on a l’impression d’être dans un rêve… seules les secousses de la jeep nous rappelle que c’est bien réel! Et dire qu’avant les jeep, les bédouins faisaient tout ça à dos de chameau… cela devait être encore autre chose. Quand nous on leur parle de ce temps-là, avec une nostalgie certainement propre qu’aux touristes, ils nous disent qu’ils préfèrent largement leur fidèle et nouvelle monture moderne, bien plus rapide, plus spacieuse et confortable! Au moins, ça a le mérite d’être franc.

Pour le deuxième arrêt, à une bonne quinzaine de minutes de la source de Lawrence d’Arabie, on doit encore grimper, mais dans le sable cette fois! Une énorme masse de sable s’est accumulée sur le flanc d’un gigantesque rocher, et nous permet d’en atteindre le sommet.

On laisse donc ses chaussures en bas, et c’est parti! Là encore, une fois là-haut, c’est de toute beauté, et d’une sérénité… Évidemment, on y reste encore un bout de temps, on ne se refait pas, hein!

Troisième arrêt: on s’engouffre dans la roche, dans ce qui ressemble à un siq, et où l’on découvre de magnifiques scènes d’un ancien temps… animaux de toute sorte ont été représentés là par la main de l’homme, aux prémices de l’Humanité. On arrive vite à un cul-de-sac, qu’il est possible de surmonter si l’on est équipés. Évidemment, Emmanuel n’a pas pu s’en empêcher, il fallait qu’il aille voir ce qu’il se passait de l’autre côté! Deux appareils photo autour du cou, bien sûr, sinon ce n’est pas drôle. Pour l’aller, cela s’est fait sans problème, mais à la redescente, c’était pas la même histoire… Stéphanie qui était restée en bas l’a engueulé bien comme il faut (comme si ça servait à quelque chose), mais elle a fini par récupérer son Emmanuel. Avis aux aventuriers: faites gaffe quand même si l’envie vous prend de faire pareil!

Enfin, dernière étape avant de regagner le camp, on grimpe sur une arche naturelle, qui offre un magnifique cadre aux alentours. Une grande esplanade de roche noire s’étire sur quelques mètres… Somptueux!

Et voilà, comme on a traîné, c’est désormais la course contre la montre pour regagner le camp et ne pas rater le coucher du soleil, mais on n’a pas regretté de s’être attardés, happés par la beauté de ce lieu unique. Et comme nous sommes chanceux, nous n’avons pas raté le coucher de soleil, qui est un des moments les plus mémorables de notre voyage jusque-là!

Nuit dans le désert du Wadi Rum: incontournable!

Dormir dans le désert est, en soi, une expérience à part entière. C’est à ne pas manquer! Le camp où nous étions était très bien situé (contacter www.wadirum-travel.com), l’emplacement était idéal pour assister à un coucher et un lever de soleil magiques!

Bien équipé, avec des tentes individuelles et de vrais lits, les douches et les commodités sont à quelques pas dans un petit bâtiment en dur. A quelques mètres de là, les cuisines, et surtout l’espace commun composé de grandes tentes où prendre le dîner et le petit déjeuner, avec l’indispensable feu de camp où tout le monde se réunit pour partager des moments mémorables la nuit tombée, sous les étoiles.

Le dîner, délicieux et très copieux, prenait la forme d’un banquet, où l’on venait tour à tour se servir de délices bédouins traditionnels, cuisinés par le chef du camp lui-même, Salama. Plus tôt, il nous avait appelé pour nous montrer comment il avait cuisiné le repas: son four n’est autre que le sable! Il enfouit une grande marmite sous une épaisse couche de sable, et allume un feu ardent juste au-dessus. Une fois la marmite dégagée et ouverte, les parfums qui y ont mijotés pendant plusieurs heures s’échappent et vous prennent le nez. Délicieux.

Ce qui frappe dans le désert, la nuit, c’est le calme absolu, et la vivacité des étoiles qui brillent dans le ciel. Nous y avons rencontré une écrivain islandaise, venue se retirer là pour trouver la paix et l’inspiration pendant près d’un mois. Il y avait du positif et de la douceur dans l’air… Les longues discussions après le dîner, autour du feu, sont des moments précieux. Entre philosophie et légèreté (les bédouins font preuve d’un formidable sens de l’humour: le meilleur moyen d’échanger avec eux est de leur raconter quelques bonnes blagues!), le temps semble s’être arrêté. Les anecdotes s’enchaînent, et dans cette intimité, on ose poser des questions sur la culture pour mieux comprendre le pays. Ajouter à cela une shisha et quelques cigarettes (les Jordaniens fument énormément! C’est d’ailleurs un gros problème de santé publique) et le moment est juste… parfait. Puis, avec le sentiment de plénitude, le sommeil nous gagne peu à peu. Chacun rentre sous sa tente, sans oublier de se couvrir car, dans le Wadi Rum, les nuits sont fraîches.

Moment de grâce: lever de soleil dans le Wadi Rum

Il faut impérativement se lever tôt, si vous êtes là… vous ne pouvez pas manquer la magie d’un lever de soleil dans le désert. Imaginez: pas un bruit. Il n’y avait pas de vent ce matin-là, tout le monde dormait encore. On est allés se percher sur le rocher à côté du campement, pour prendre un peu de hauteur et profiter du spectacle. Moment à couper le souffle… le soleil a percé de ses rayons la montagne dentelée en face, pour éclairer quelques parcelles de sable rouge… Là, dans le silence le plus absolu, un oiseau est passé à quelques dizaines de mètres de nous… et on entendait le moindre battement d’ailes…

Trois heures plus tard, on remontait déjà dans la jeep pour gagner Petra. L’heure était venue pour nous de reprendre le fil du temps, temps qu’on avait suspendu aux portes du Wadi Rum.

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