Mer Morte et Masada: inoubliable!

Cette étape est sans doute la plus mémorable de notre périple en Israël. On avait prévu d’être hébergés à Ein Gedi, mais nous nous sommes faits lâcher au dernier moment par notre hôte (et oui, cela fait partie de l’aventure!). On s’est donc rabattus sur un Air Bnb à Arad (ville sans grand intérêt), ce qui est loin d’être la solution idéale lorsqu’on veut profiter de la Mer Morte et surtout braver les centaines de marches de Masada à 5h du matin. Pour la petite information, Arad est à 50km de route du site, par la montagne.

Quoiqu’il en soit, cela n’a pas gâché notre émerveillement croissant à l’approche de la Mer Morte (depuis Jérusalem, prendre la route 1 puis la route 90)… au détour de routes sinueuses dans les reliefs désertiques, on aperçoit en contrebas cette merveille de la nature, unique en son genre.

La Mer Morte

La Mer Morte est, il faut le savoir, l’endroit le plus bas sur Terre, de 400 à 450 m au-dessous du niveau de la Mer. On a senti une dépression dans nos oreilles lors de la descente, pourtant sur une pente douce, qui nous amenait sur les rives. Tout le long de cette voie, qui vous semble être dans les hauteurs, vous verrez aux endroits stratégiques des panneaux indiquant le niveau de la mer… cela donne une meilleure idée de l’étrangeté du phénomène.

La route longe les rives, mais certains tronçons ont été fermés et sont désormais interdits d’accès, car dangereux. En 50 ans, la Mer Morte a perdu 50 mètres de hauteur d’eau, une catastrophe écologique irréversible qui fragilise le sol environnant et créé des effondrements. 

Plusieurs projets sont à l’étude pour tenter de sauver la situation, notamment un canal qui puiserait de l’eau dans la Mer Rouge pour réalimenter la Mer Morte.

Il n’empêche que les paysages de cette région sont à couper le souffle, d’un autre monde… l’eau lisse et bleue de la mer se confond en miroir avec le ciel, avec comme seule jonction les montagnes de la Jordanie. Quand vient le soir, les montagnes prennent une couleur rose, se reflètent dans cette mer d’huile, et nous donnent le sentiment d’être dans un rêve. Pourtant, des ombres se détachent à la surface, flottent, et glissent lentement, sans bruit: nous ne sommes pas seuls, des baigneurs profitent des dernières lueurs du jour pour faire leur plein de sel et de boue, si bon pour la peau et l’organisme.

Tout autour de la Mer Morte, il y a des thermes et spas spécialisés qui proposent des bains de boue, des massages et autres soins, mais nous avons renoncé à y aller, car nous avons trouvé que ce n’était pas donné (pour avoir une idée, l’entrée au spa uniquement était de 80 shekels par personne, sans limite de temps certes mais il existe ailleurs des accès à la Mer gratuits. Nous sommes allés voir sur place, et notre choix était vite fait!).

Nous n’avons pas plongé immédiatement dans l’eau salée, même si les nombreux baigneurs nous invitaient à les rejoindre lorsque nous sommes arrivés le premier soir. On avait un peu d’appréhension, et on avait encore pas mal de route à faire avant d’arriver à Arad, et le soleil disparaissait déjà… 

On a donc juste marché un peu dans la boue (le meilleur agent nettoyant que je n’ai jamais vu, mes chaussures poussiéreuses et noires de crasse incrustée ont baigné rapidement dans la boue… je les ai rincées, et elles étaient comme neuves!). On a attendu le lendemain pour tenter l’expérience, après notre ascension à l’aube de Masada, où on avait passé 5 heures sur le site, en plein soleil, chaussures de randonnée aux pieds. Du coup, l’appréhension avait disparue: on avait hâte de se rafraîchir!

On a cherché un peu pour trouver une plage gratuite, et c’est à Ein Bokek que nous avons trouvé notre bonheur. Certes il y a un peu plus de monde sur la plage, mais elle est aménagée, on a envie d’y prendre son temps, tranquillement. Ce qui est drôle, c’est qu’à l’entrée, de grands panneaux donnent les directives de baignade dans la Mer Morte! On ne plonge pas la tête sous l’eau, on ne saute pas, on n’asperge personne, et surtout on ne se mouille pas le visage et encore moins les yeux. Baignade à haut risque quoi… qui est en réalité fort agréable!

On a tellement adoré qu’on est allés s’y tremper deux fois de suite, alors que le temps nous était compté (vous savez, on a une curieuse obsession pour les couchers de soleil, et on va les chercher généralement un peu loin et un peu haut…). La sensation est étrange, si vous passez par là, il faut impérativement vous baigner dans la Mer Morte, c’est une expérience! 

On adore ou on déteste, mais au moins, cette Mer ne vous laisse par indifférent. On a adoré sentir l’eau presque huileuse sur notre peau, se sentir infiniment léger, être obligés de flotter, et se gommer la peau avec le sable (qui est en réalité du sel). En revanche, ne vous attendez pas à pouvoir nager, on avance différemment, dans la Mer Morte!

Masada

Masada, c’est toute une histoire… c’est un lieu hautement symbolique pour les Israéliens, symbole de la résistance et de la loyauté juive. Encore aujourd’hui, les militaires prêtent serment à Masada.

Il y a quelque chose qui se passe là-bas, quelque chose dans l’air, qui est palpable… poids de l’histoire, sacré, magie et beauté de la nature s’y mêlent. On s’y sent infiniment petit, mais paradoxalement comme faisant partie intégrante de ce paysage, comme si on était fondu dans cet environnement. Comme si on venait un peu de là, comme on si on avait un lien avec tout ça.

Masada, site rangé au Patrimoine mondial de l’UNESCO (comme beaucoup de sites en Israël) c’est l’histoire d’un siège légendaire. Au début de la révolte contre les Romains, en 66, un groupe de rebelles juifs est venu s’installer sur ce plateau fortifié, gigantesque bloc de granit comme sorti de terre. Base de défense contre les Romains, Masada était une place militaire stratégique pour les rebelles. Faire tomber la forteresse était donc, pour les Romains, capital pour la victoire.

Du haut du plateau, on voit encore les traces des 7 camps romains qui encerclèrent Masada pendant un siège interminable, relayés par un mur d’encerclement. Environ 8 000 romains assiégeaient un millier de rebelles juifs. En voyant ces camps, une sensation étrange nous envahit, et on arrive à imaginer ce que c’est que d’être prisonnier, sans la possibilité de fuir, avec les lances en contrebas, et le désert comme gardien.

Les Romains, pour prendre la forteresse, construisirent une gigantesque rampe pour gagner les fortifications. Mais lorsqu’ils pénétrèrent dans l’enceinte de Masada, un silence de mort les attendait. Plutôt que de se rendre à l’ennemi, les rebelles s’étaient tous suicidés.

Voilà, c’est à l’assaut de cette forteresse que nous nous sommes lancés, à 5h30 du matin, en grimpant des centaines de marches via le « Snake Path ». Tout ça pour aller chercher le lever du soleil sur la Mer Morte depuis les hauteurs de Masada. Et quelle belle récompense après les efforts fournis pendant les 1 heure voire 1h30 de grimpette! Ce lever de soleil est sans doute un des plus beaux moments de notre voyage, mais aussi de notre vie. Nous en garderons un souvenir impérissable…

Puis on a pris le temps de découvrir le moindre recoin de cette forteresse haut perchée, construite par Hérode. Nous sommes redescendus 6 heures plus tard, par le même chemin, tellement nous avons été happés par la magie de ce lieu.

Vous avez également la possibilité de monter par un téléphérique, c’est plus rapide, moins fatigant, mais tout aussi impressionnant en termes de paysages et de vue sur les alentours. Ou autre possibilité, monter par la rampe romaine, située de l’autre côté du plateau, et accessible par une seule route, en impasse. Monter depuis la rampe romaine vous prendra 20 minutes à pied.

Mais le seul moyen de voir le lever de soleil depuis Masada, c’est de grimper via le Snake Path… ça se mérite! Les autres entrées sont fermées à cette heure-ci.

Question de bon sens: si vous souhaitez monter par le Snake Path, évitez les heures chaudes.

Question prix d’entrée: 28 shekels pour y monter à pied, 74 shekels aller-retour via le téléphérique.

Question musée: il y a en a en bas du site, mais on doit vous avouer que nous n’y sommes pas allés… on ira la prochaine fois, car de ce qu’on nous a dit, c’est un très beau musée, bien mis en scène, avec des pièces antiques retrouvées sur le plateau. Comme nous étions équipés randonnée et qu’on avait plutôt envie de prendre une douche en étant redescendus, on a fait l’impasse. 20 shekels l’entrée du Musée de Masada.

Quelle entrée choisir? Chacun fait comme il veut… après avoir vu le lever de soleil, on avait très envie de voir le coucher de soleil, et de voir comment Masada se présentait de l’autre côté… Nous sommes partis à l’aventure, pour aller chercher le crépuscule sur la route qui nous emmène jusqu’à la Rampe Romaine, côté Arad… et on n’a pas regretté, c’est une des plus belles routes que nous avons empruntées: tortueuse à souhait, caillouteuse et rocailleuse, serpentant, montant et descendant dans le désert de Judée. Quelques oasis au passage, pas de voiture ou presque, des villages bédouins, un sol aux couleurs changeantes, une atmosphère si particulière… Pour finir, on s’est arrêtés en bord de route pour admirer Masada en contrebas, depuis notre point de vue panoramique. Grandiose… Le soleil a disparu, le vent se levait, pour amener à nos oreilles, avec la nuit qui tombait, les hurlements des loups au loin… Moment hors du temps. (Hurlements, il faut le préciser, qui ont fait remonter vite fait Stéphanie dans la voiture).

Encore aujourd’hui, ce moment nous poursuit.

Pour en découvrir davantage sur Israël, consultez notre dossier!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *