Cyrielle Hariel, journaliste engagée, green et positive

Cyrielle Hariel est quelqu’un à connaître, pour sûr. Je n’ai pas pu la rencontrer en personne par manque de temps juste avant notre grand départ, mais j’ai eu la chance d’échanger avec elle pendant une bonne demi-heure par téléphone. Je l’ai découverte grâce à la magie d’Internet, un de mes contacts sur LinkedIn avait « liké » un de ses posts, qui s’est donc affiché sur mon fil d’actualités. Comme je suis particulièrement sensible à ces thématiques, Cyrielle a immédiatement retenu mon attention et j’ai commencé à la suivre. Puis, plus tard, lorsque nous avons lancé le projet Backpacks & Bridges, je l’ai contactée.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Cyrielle est lumineuse, je garde une forte impression de cet échange par téléphone: j’ai été émue par tant de passion, de gentillesse, de combativité et de positif. C’est une personnalité qui inspire et qui aime être inspirée. J’espère avoir l’honneur de la rencontrer à notre retour pour profiter de cette lumière!

Cyrielle, comme nous, croit fermement que changer le monde, c’est possible! À chacun d’y mettre du sien, et c’est ce qu’elle fait au quotidien en agissant en tant que journaliste positive et engagée. Son blog relate ses rencontres avec les acteurs du changement et en fait leur portrait: on vous engage à le suivre pour une bonne dose d’inspiration et de positif!

Quoiqu’elle en dise, Cyrielle a un parcours hors du commun: elle a commencé sa carrière de journaliste chez D8 pendant 3 ans, et plutôt que de rester bien au chaud dans un grand groupe, elle a pris des risques et tout plaqué pour suivre son intuition, ses envies et son coeur. Faire quelque chose qui lui ressemble: l’humanitaire et l’environnement. Bercée dès son plus jeune âge par les morceaux de Michael Jackson tels « Heal the World », « We are the World » « Man in the Mirror » ou encore « Earth Song », Cyrielle est déjà sensible à ces thématiques.

Mais c’est vraiment lors d’un voyage au Bangladesh en mai 2014 que la notion d’engagement prend corps: partie d’elle-même en tant que free-lance vivant sur ses simples et modestes économies avec un projet qu’elle a écrit où elle accompagne la Présidente d’Action contre la Faim, elle affronte les problématiques environnementales, politiques et humanitaires qui bouleversent cette région du monde. Si le choc est déjà important, il résonne d’autant plus chez Cyrielle: juste avant son départ, lors d’un banal check-up de santé, on lui diagnostique une grave malformation du cœur congénitale. Elle se fait opérer à son retour en France, et en ressort plus engagée et vivante que jamais.

Dès lors, ce coeur devient sa signature et le symbole d’un travail de tous les jours pour participer à rendre le monde meilleur: sur chacune de ses photos, on retrouve ce coeur qui bat à l’unisson qu’elle appelle « Photo-Cœur ».

Et c’est une Cyrielle au grand coeur qui a accepté de répondre à mes questions:

Quelle est la rencontre qui vous a le plus marquée?

Sans conteste, John Isaac, qui a travaillé comme photojournaliste pour les Nations Unies pendant plus de 40 ans. Il a également travaillé pendant 4 ans avec Michael Jackson, mon idole, et a été un témoin proche de ses actions notamment à Neverland où il recevait les enfants malades ainsi que dans les hôpitaux lorsque le chanteur allait rendre visite aux enfants. Il a été le photographe officiel de la tournée History! Et pourtant, rien ne le destinait à une telle carrière… C’est quelqu’un qui est né en Inde, et qui est parti aux Etats-Unis avec 75$ en poche, vous vous rendez compte! Il s’est fait tout seul, en chantant dans la rue. Là, il a été repéré et a passé des auditions… C’est une personnalité inspirante par son incroyable ascension, et quelqu’un qui est resté profondément humain, quelqu’un qui a couvert des guerres, des crises, des conflits, qui a vu la famine de très près jusqu’à enterrer une petite fille de quelques mois à peine…

Rencontrer cette personne a été pour moi une révélation: c’est la première personne qui m’a fait pleurer de joie tellement j’étais heureuse de rencontrer cet homme gorgé d’humanisme. C’était le jour de mon anniversaire, de mes 28 ans, et j’ai pris cette rencontre comme un cadeau de la vie. Peut-être était-ce le cadeau de Michael, qui sait ? 😉

Quels sont vos objectifs dans votre travail, pourquoi écrivez-vous ce blog?

Ce blog s’inscrit dans la lignée de mon engagement, de faire du journalisme positif, voire je l’appelle maintenant « Journalisme Inspirant ». Je vais aux antipodes de la ligne éditoriale des médias traditionnels qui nous surabondent d’informations anxiogènes porteurs d’aucun espoir si ce faire naitre chez nous un sentiment de peur de l’autre… L’humanité n’est pas faite que d’hommes qui ont des pensées noires, bien au contraire, une belle part de l’humanité recèle de solutions innovantes et bienveillantes pour l’homme et aussi pour la nature et sa riche biodiversité. J’ai décidé de m’intéresser au Changemakers, c’est à dire aux entrepreneurs sociaux, aux associations, institutions, scientifiques, écologistes, etc. Mon objectif est d’inspirer et dire à tous: lancez-vous, vivez vos rêves plutôt que de réaliser celui d’un autre. Épanouissez-vous à vous lever chaque matin pour une cause qui résonne en vous avec vos valeurs et qui donnera du sens à chacun de vos réveils.
Je viens d’animer un nouveau programme appelé MEETAFRICA qui regroupe des organisations comme l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement, basée à Marseille) qui consiste à soutenir l’enseignement supérieur de futurs entrepreneurs africains en France et en Allemagne afin qu’ils puissent ensuite développer leur entreprise à fort caractère technologique dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie ou des services dans leurs pays d’origine. Je trouve ce genre d’initiatives formidables et c’est ça qui m’anime au quotidien, l’effervescence de cette jeunesse qui innove pour dessiner leur avenir ainsi que celui de leur pays en trouvant des solutions.

Quand je suis partie au Bangladesh pour mon projet d’émission humanitaire, je me suis prise deux grosses claques: la situation dans ce pays, et le diagnostic de ma grave malformation du coeur, qui est tombé comme un couperet juste avant le départ. La « Photo-Cœur » est un symbole de ce que j’accomplis depuis, et pour aller plus loin, j’ai pour projet d’écrire mon premier ouvrage sur ma vision du monde depuis plus de 18 mois en faisant un mix de tous ces univers côtoyés : digital, médical, entreprenariat social, développement durable, écologie, biodiversité, etc. Ces lignes ont pour but donner de l’espoir à chaque lecteur en découvrant des initiatives, réflexions, des parcours, des idées afin de dire à chacun combien il est important de s’écouter, et combien il est important de se donner les moyens pour trouver son équilibre et être fidèle à qui l’on est. Je me suis donnée les moyens d’y parvenir, en quittant mon poste dans une grosse boîte, en étant bénévole dans des associations, en rencontrant des gens formidables, en voyageant. Il est important de se faire « du bien dans sa tête » et de se comprendre.
Ce livre écrit et pensé façon Millenials sera j’espère un moyen de dire ô combien la résilience est source de force et que tout est possible. Nous sommes tous acteurs de nos vies comme le répètent tous les livres de développement personnels. Je pourrai ouvrir une librairie tellement tous ces auteurs inspirants et positifs sont indispensable je pense dans notre quotidien qui nous matraque d’informations moroses et de publicités à chaque coup d’œil. TV, radio, journaux, métro, abribus, smartphone, notre cerveau est en mode « ON » constamment. D’où l’avènement des cours de Yoga ou encore de de méditation, on a besoin de se retrouver, de se ressourcer et de s’écouter… Une partie que je vais également aborder.

Dans quelques années, j’aimerais avoir ma propre fondation, pour défendre les problématiques liées à l’Homme et à la Nature. Aller voir les plus vulnérables pour leur donner de la voix et les faire remonter aux manettes de ce monde, ça fait partie de mes objectifs !

Qui aimeriez-vous voir faire votre « Photo-Cœur »?

Maintenant que je viens de réaliser ma « Photo-Cœur » avec le Dalaï Lama, moment assez exceptionnel car dans la quête de ma légende personnelle (cf Paelo Coelho), la spiritualité et la médiation m’ont beaucoup aidé pour me recentrer, trouver cette fameuse paix en soi qui donne force et confiance… Maintenant j’aimerais la faire avec le Pape! Mais surtout, j’aimerais que chacun le fasse avec la personne qu’il estime être son héros, la personne qui l’inspire !

Et pour aller plus loin, qu’on arrive à une chaîne humaine, nous somme tous liés et vivons en interdépendance, ce symbole du coeur est un symbole humaniste, de respect. Replongez-vous dans le clip « Cry » réalisé par Nick Brandt de Michael Jackson, écoutez les paroles…

Qu’aimeriez-vous dire aux personnes qui ne vous connaissent pas et qui ne connaissent pas votre travail pour les inciter à le découvrir?

Dans tous les medias traditionnels, on nous assomme d’informations anxiogènes. Mais une autre partie de l’humanité se bouge pour rendre le monde meilleur! Il y a des initiatives qui se créent, il y a des solutions qui existent, le monde ne se résume pas aux images qui tournent en boucle sur les chaines d’infos,… Il y a plein de belles pépites en dehors des écrans, dans la vraie vie! Des gens qui, comme toi et moi, montent des assos, s’investissent dans des projets sociaux, donnent de leur temps pour aller à la rencontre de l’autre…

T’as pas envie de rencontrer des gens comme ça, qui sont heureux et qui peuvent te rendre heureux? De découvrir des parcours inspirants qui peuvent te donner des idées et de te donner le courage de te lancer? ( ndlr: tout cela, on vous le répète, c’est sur le blog de Cyrielle! ) On parle beaucoup du dérèglement climatique, on a conscience maintenant et de manière instantanée de la multiplication des sècheresses, des pluies diluviennes, de typhons, de la déforestation, de la soupe de plastique qu’est notre océan, etc. Savez-vous que des gens aux quatre coins du globe trouve des solutions ? Au Chili, Bureo Skateboards est une start-up qui recycle les filets dérivants qui flottent dans la mer, en somme du plastique qui pollue et tue nos poissons et mammifères pour en faire des skateboards et lunettes de soleil ! Topher White, un jeune américain est en train de développer des capteurs pour lutter contre la déforestation illégale avec des algorithmes qui repèrent le bruit de tronçonneuses, etc.

J’ai une myriade de pépites comme celles-ci ! Moi, pour ma part c’est ce qui me donne envie de me lever chaque jour, c’est inspirant, positif, constructif pour un avenir durable et surtout possible ! Je n’ai pas envie de dire à mes futurs enfants plus tard que l’océan est une soupe de plastiques remplie de méduses, qu’il faut porter un masque pour sortir dehors et que pour diner ils n’auront le choix que de manger des insectes ! Ils doivent avoir le choix de jouir de toutes les ressources de notre planète tout en la préservant car notre avenir à tous en dépend. Nous devrions tous avoir conscience de notion d’interdépendance. Ça aussi j’en parlerai dans mon livre…

Si vous aviez l’occasion de faire un voyage comme le nôtre, où iriez-vous?

Au Brésil, pour aller rencontrer un kiné extraordinaire du nom d’Igor Simoes, qui soigne des enfants handicapés physiques grâce à la médiation animale avec le dauphin rose d’Amazonie, une espèce vulnérable. J’aimerais rencontrer ces familles et comprendre comment la rencontre avec cet animal permet d’améliorer le quotidien de ces enfants.

En Inde, pour échanger avec le Docteur Bindeshwar Pathak, fondateur de Sulabh International, qui a permis de mettre en place les premières toilettes publiques en Inde. Tout en trouvant une solution aux problèmes de pauvreté en venant en aide aux Intouchables, il a répondu au désir de Gandhi qui était d’avoir une Inde propre.

J’irai également voir Jadav Payeng, qui a sauvé son île natale de l’érosion en plantant pendant 37 ans une forêt de 250 hectares, recréant un écosystème qui abrite désormais des espèces vulnérables.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *